Dès que vous êtes payé pour ce que vous créez, abonnements, ventes, dons ou pourboires, vos revenus sont imposables dès le premier euro et vous devez déclarer une activité. Pour la plupart des créateurs, le plus simple est la micro-entreprise en BNC : 25,6 % de cotisations sociales sur ce que vous encaissez, rien si vous n’encaissez rien, et jusqu’à 83 600 € de recettes par an.
Les revenus d’un créateur sont-ils imposables ?
Oui, tous. Le ministère de l’Économie le dit sans ambiguïté : les revenus d’une activité de création de contenus sont imposables et soumis aux cotisations sociales dès le premier euro, que cette activité soit votre métier ou un complément. Cela vaut pour les abonnements, les ventes à l’unité, les dons et pourboires, et même pour les avantages en nature, comme un produit reçu gratuitement en échange d’une publication.
Une erreur fréquente consiste à attendre que le montant apparaisse sur la déclaration préremplie. Les plateformes transmettent bien un récapitulatif à l’administration fiscale, mais l’absence d’une ligne ne signifie pas que le revenu est exonéré : c’est à vous de le déclarer.
Quel statut choisir ?
Tout dépend de ce que vous faites réellement. Au moment de déclarer votre activité, trois catégories correspondent aux créateurs de contenus :
| Votre activité | Catégorie à choisir | Revenus | Protection sociale |
|---|---|---|---|
| Vous publiez des contenus (articles, podcasts, vidéos) et vous êtes payé par vos lecteurs : abonnements, ventes, dons | « Community manager / blogueur professionnel » | BNC | Urssaf (indépendants) |
| Vous faites de la promotion rémunérée : partenariats, placements de produits | « Influenceur et créateur » (services d’information) | BIC, avec inscription au registre du commerce | Urssaf (indépendants) |
| Votre activité relève de la création artistique | « Vidéaste, vlogueur, blogueur » (arts et culture) | BNC | Sécurité sociale des artistes-auteurs, après validation |
Si vous vivez de vos lecteurs, sur Prosper Social par exemple, vous êtes le plus souvent dans le premier cas : une activité indépendante, déclarée en bénéfices non commerciaux (BNC). Si vous faites aussi des partenariats rémunérés avec des marques, cette part relève de l’influence commerciale, avec ses propres règles de transparence.
Reste à choisir le régime. Pour démarrer, la micro-entrepriseest de loin le plus simple : pas de comptabilité complexe, des cotisations calculées sur ce que vous encaissez, et une déclaration qui tient en un montant.
La micro-entreprise en chiffres (2026)
| Règle | Montant | Précision |
|---|---|---|
| Plafond de recettes (services, BNC) | 83 600 € par an | Seuil fixé pour 2026 à 2028 |
| Cotisations sociales (BNC) | 25,6 % | Des recettes encaissées, depuis le 1er janvier 2026 |
| Abattement pour l’impôt (BNC) | 34 % | Minimum 305 € ; le reste s’ajoute à vos autres revenus |
| Versement libératoire (BNC) | 2,2 % | Option, sous condition de revenu fiscal de référence |
| Franchise de TVA (services) | 37 500 € | Seuil de base ; 41 250 € en cours d’année |
Si vous faites de la promotion rémunérée déclarée en BIC, les taux diffèrent : 21,2 % de cotisations, un abattement de 50 % et un versement libératoire de 1,7 %.
Les cinq étapes pour se déclarer
- Déclarez votre activité. Sur le guichet unique des formalités d’entreprises, au plus tôt un mois avant de commencer et au plus tard quinze jours après. Vous recevez un numéro SIRET.
- Choisissez la bonne catégorie. Celle qui correspond à votre activité réelle (voir le tableau). Elle détermine votre catégorie de revenus et votre protection sociale.
- Ouvrez votre espace professionnel. Sur impots.gouv.fr. Gratuit, il sert à déclarer et payer vos impôts professionnels.
- Déclarez votre chiffre d’affaires à l’Urssaf. Chaque mois ou chaque trimestre, selon votre choix, même lorsqu’il est nul. Les cotisations sont calculées sur ce montant.
- Reportez vos recettes sur votre déclaration de revenus. Chaque printemps, sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, rubrique micro-BNC.
Un exemple concret
Vous avez 200 abonnés payants à 6 € par mois. Sur l’année, vos lecteurs vous paient 14 400 €. Après la commission et les frais de paiement de Prosper Social, vous recevez 12 384 € sur votre compte. Ces deux montants figurent dans Prosper Studio.
- Recettes à déclarer : 14 400 €. On déclare ce que paient les lecteurs, pas ce que verse la plateforme.
- Cotisations sociales : 3 686,40 €(25,6 % de 14 400 €).
- Impôt avec le versement libératoire : 316,80 €(2,2 %). Sans cette option, 9 504 € s’ajoutent à vos autres revenus imposables, après l’abattement de 34 %.
- TVA : aucune, puisque vous restez sous 37 500 €.
Avec le versement libératoire, il vous reste donc environ 8 380 € sur l’année, soit un peu moins de 700 € par mois. Mieux vaut le savoir avant de fixer son prix : un abonnement se calcule en net, pas en brut.
Ce que fait la plateforme, et ce qu’elle ne fait pas
Pour vous verser vos revenus, toute plateforme doit vérifier votre identité : c’est une obligation légale en Europe. Sur Prosper Social, cette vérification se fait une seule fois, à l’ouverture de votre compte de paiement.
Ensuite, tout ce qu’il faut pour vos déclarations est dans Prosper Studio : la page Revenus détaille, paiement par paiement, le montant payé par vos lecteurs, la commission, les frais de paiement, ce que vous recevez et la TVA. Le montant payé par vos lecteurs est celui à déclarer à l’Urssaf : vous n’avez rien à recalculer.
En revanche, aucune plateforme ne déclare vos revenus à votre place. La déclaration à l’Urssaf et la déclaration de revenus restent à votre charge. Notre guide Activer ses revenus détaille ce qu’il faut préparer avant d’encaisser.
Questions fréquentes
Les dons et pourboires sont-ils imposables ?
Oui. Les sommes que vous recevez dans le cadre de votre activité de création, abonnements, ventes, dons ou pourboires, sont des revenus imposables et soumis aux cotisations sociales dès le premier euro, que l’activité soit principale ou complémentaire.
Faut-il déclarer le montant payé par le lecteur ou ce que verse la plateforme ?
En micro-entreprise, on déclare les recettes encaissées, c’est-à-dire le montant payé par vos lecteurs, avant la commission et les frais de la plateforme. Ces frais ne se déduisent pas : l’abattement forfaitaire en tient compte. Sur Prosper Social, ce montant est indiqué dans Prosper Studio, page Revenus.
Peut-on être salarié et micro-entrepreneur ?
Oui. Une activité de création peut s’exercer en complément d’un emploi salarié, sous réserve de ce que prévoit votre contrat de travail, par exemple une clause d’exclusivité.
Que se passe-t-il si je dépasse 83 600 € de recettes ?
Un dépassement isolé ne fait pas sortir immédiatement du régime. C’est un dépassement deux années civiles de suite qui fait basculer vers le régime réel, à partir du 1er janvier suivant.
Dois-je facturer la TVA ?
Non, tant que vos recettes de services restent sous le seuil de la franchise en base : 37 500 € sur l’année précédente, et 41 250 € en cours d’année. Au-delà, la TVA s’applique.
Les plateformes informent-elles l’administration fiscale ?
Les plateformes en ligne transmettent à l’administration fiscale un récapitulatif des sommes perçues par leurs utilisateurs, et vous en adressent une copie. L’absence d’un revenu sur votre déclaration préremplie ne signifie pas qu’il est exonéré.
Prêt à encaisser vos premiers revenus ?
Ouvrez votre compte gratuitement : aucun abonnement, une commission seulement sur ce que vous encaissez.
À lire ensuite
- Patreon, Substack, Tipeee, Ko-fi, beehiiv : quelle plateforme choisir ? — ce que chaque plateforme prélève vraiment.
- Monétiser ses contenus sur Prosper Social — ce que rapporte chaque source de revenus.
Publié le par l’équipe Créateurs de Prosper Social. Cet article présente les règles générales en vigueur au 14 octobre 2026, d’après economie.gouv.fr, impots.gouv.fr et l’Urssaf. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : pour un cas particulier, adressez-vous à l’Urssaf, à votre service des impôts ou à un expert-comptable.